Comment réaliser une bouture saine

De nombreux ouvrages parlent partiellement, ou intégralement du processus de bouturage de coraux (citer des refs ici). Cette page n’en est pas un résumé, mais quelques commentaires supplémentaires par rapport à ce qu’on peut lire ailleurs.

Spécificité de bouturage des Acroporas

La réalisation d’une bouture d’Acropora sp. doit tenir compte de sa spécificité : les boutures de petite taille (moins de 6-7 cm) mettront, en effet, longtemps (des semaines, voire des mois) avant de commencer à grandir. Ce n’est pas (ou moins) le cas des autres coraux durs. Ceci s’explique par le fait que les Acropora spp. ont deux types de polypes. Les polypes axiaux (souvent plus gros) sont chargés de la la croissance de la colonie mais n’ont souvent que peu ou pas de zooxanthelles. Les autres polypes, au contraire, sont pourvus de zooxanthelles et nourrissent tout le monde (et tout particulièrement les polypes axiaux).

Cela signifie que la taille de la bouture influe directement sur la quantité de polypes “nourrisseurs” présents qui fournissent l’énergie au(x) polype(s) axial(aux) de la bouture. Plus ce rapport est faible, moins les polypes axiaux reçoivent d’énergie. En dessous d’une certaine taille, toute l’énergie est utilisée pour cicatriser la plaie à l’endroit du bouturage, pour consolider le socle, et il ne reste rien pour la croissance pendant un bon bout de temps.

C’est pour cela qu’il faut respecter une taille minimum de bouture pour les Acropora spp.

Comment placer une bouture sur son support

Pour les coraux branchus, il existe deux options :

  • Coller la bouture sur le support à la verticale à l’endroit de la section. Cela donnera un port arborescent à la bouture lorsqu’elle commencera à grandir.
  • Coller la bouture au socle par un côté (donc, couchée sur le support). Dans ce cas, la bouture prendra un peu plus de temps à coloniser la base du support, mais ensuite, plusieurs branches verticales formant une sorte de buisson s’y développeront.

A noter également l’intérêt de modifier l’orientation d’une branche d’Acropora sp. en cours de croissance. Une branche qui croit verticalement vers le haut peut former un beau plateau si cette branche est repositionnée à l’horizontale et fixée dans un socle vertical. En effet, de cette branche naîtront des rejets qui donneront un port en peigne, et puis en plateau au corail en croissance. A noter, évidemment, que ceci n’est valable que pour certaines espèces de coraux qui se prêtent bien à cette opération (Acropora formosa ou A. tumida par exemple). De plus, l’orientation et la force du courant jouent également un rôle important dans la forme que le corail va adopter au cours de sa croissance.

Le bac à boutures

Un bac à boutures est un aquarium annexe, en général peu profond, bien éclairé, et relié à l’aquarium récifal principal. Son rôle est de contenir et “réacclimater” les boutures effectuées à partir des coraux du bac principal. Certains combinent aussi refuge et bac à bouture, mais il faut savoir que la croissance importante d’algues (par définition pour un refuge) peut nécessiter plus de travail pour éviter qu’elles n’envahissent les boutures. Il vaut donc mieux, pour cette raison, séparer refuge et bac à bouture, et charger ce dernier en divers petits algivores pour éviter toute croissance d’algues sur et autour des boutures.

En général, pour un bac à boutures, il vaut mieux un courant léger et homogène (ce qui n’interdit pas de faire varier périodiquement sont orientation, c’est même souhaitable), et un éclairage fort, mais multidirectionnel (des T5 sont à préférer aux HQI). Ainsi, un bac à bouture équipé de la sorte permettra une croissance multidirectionnelle d’une bouture pour former un petit arbre à quelques branches bien aéré et dont la coloration est intense et homogène sur toute la surface. C’est la plus belle présentation pour une bouture.

Un éclairage unidirectionnel, de type HQI favorise à la fois une croissance unidirectionnelle, et un contraste important entre les surfaces à la lumière (bien colorées) et à l’obscurité (plus brunâtres). Le résultat final est moins beau. De même, un courant important favorisera une forme de croissance encrustante et/ou compacte, d’un moins bel effet qu’une forme plus aérée. Attention toutefois, un courant d’eau insuffisant peut être néfaste au corail et peut aussi favoriser la formation d’un squelette très grèle, et donc, extrêmement fragile. Pensez au transport de la bouture !

Pour terminer, disons que quelqu’un de conscientieux attendra quelques semaines après bouturage avant de donner/échanger/vendre sa bouture. Ca permet de cicatriser la zone de bouturage et de s’assurer que cette dernière a bien survécu à l’épreuve et que sa croissance redémarre... Encore faut-il disposer d’un bon bac à boutures pour les y stocker.

Comme quoi ! Réaliser des belles boutures, c’est vraiment tout un art

 
methodes/realisation_bouture.txt · Dernière modification: 2007/11/21 par eaucean     Haut de page